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Publié par Daniel Murgui-Tomas

Journaliste à La Gazette de Montpellier, Olivier RIOUX est Lauréat 2006 du prix Alexandre Varenne des journalistes de la presse hebdomadaire régionale. Rencontre avec un reporter pour qui le quotidien en région n’a rien de quotidien…

Olivier Rioux, vous venez d’être récompensé pour un article intitulé « Les jurés sortent de leur silence ». C’est votre passé de chroniqueur judiciaire qui vous en a donné l’idée ?
OR :
Oui, en partie. Depuis 10 ans, je suis les procès d¹assises à Montpellier. A l¹audience ou sur les marches du Palais, on croise les regards de ces hommes et de ces femmes ³invisibles² que sont les jurés. Pour ne pas violer le secret des délibérations, ils n¹ont pas le droit de parler à la presse. En même temps, ces simples citoyens sont les principaux acteurs du procès. Et ils vivent là une des expériences les plus fortes de leur vie, riche en émotions et en compréhension. Un élément ponctuel a également justifié le sujet : l¹affaire Outreau et la défiance des Français vis-à-vis de l¹institution judiciaire. A travers les témoignages d¹une dizaine de jurés populaires, nous avons voulu montrer que cette justice faillible relève aussi de la responsabilité de tous.

Ce n’est pas la première fois que vous êtes primé par la Fondation Varenne. Cela veut-il dire que vous avez un flair particulier pour dénicher les bons sujets ?
OR :
Un journal est une oeuvre collective. Tous les sujets sont discutés avec le rédac-chef Henri-Marc Rossignol. Et d¹autres journalistes, en particulier le photographe, apportent leur regard. En ce qui concerne mes dossiers, environ la moitié des idées vient de lui, et l¹autre de moi. C¹est cette alchimie qui m¹a permis de décrocher le 2e prix Varenne en 99 (Propara relève les handicapés) et le 1er en 2003 (Surdoués en échec scolaire) et 2006. Par ailleurs, le Club de la Presse Languedoc-Roussillon m¹a également décerné son 1er prix en 2006 pour un dossier sur Sabine Zlatin, cette héroïne qui a sorti 300 enfants juifs du camp d¹Agde. Outre la gratification personnelle, c¹est une reconnaissance de la qualité du journal, de sa formule et de son originalité.


Au-delà de son aspect sonnant et trébuchant, que vous apporte un tel prix ?
OR :
Les sous, ça compte beaucoup ! Il faut savoir que les salaires de la presse hebdomadaire régionale sont très bas. Tout complément de rémunération est donc le bienvenu. Depuis 99, j¹ai gagné de cette manière 8 000 euros défiscalisés. De quoi faire quelques voyages et me payer un écran plat !
Naturellement, les prix font aussi du bien à l¹ego. Ca permet d¹être mieux reconnu à l¹intérieur comme à l¹extérieur du journal. Pour moi, c¹est d¹autant plus important que bon nombre de mes condisciples du CFJ, ou de l¹Académie Prisma Presse, ne savent même pas que la presse hebdomadaire régionale existe - et qu¹elle peut être de bon niveau.

Est-ce un plus que d’être natif de la région où vous exercez comme journaliste ?
OR :
Oui et non. Certes, ça donne une culture locale et un réseau que n¹ont pas les journalistes qui débarquent. Mais l'oe¦il du Persan qui découvre est également précieux. D¹autant que Montpellier est une ville peuplée de néo : d¹après l¹Insee, à peine 23 % des habitants sont nés là.

Votre journal La Gazette de Montpellier est une belle aventure qui, après Nîmes, essaime aujourd’hui à Sète. Quelle est la clef de votre succès ?
OR :
Des articles vraiment courts et d¹autres vraiment denses. Un traitement très "anglé" de chaque sujet. Une synthèse de l¹actualité hebdomadaire et des éléments originaux qui apportent quelque chose par rapport aux quotidiens locaux. Une maquette sympa, une grande place donnée à l¹image, un ton jeune, et parfois décalé, un courrier des lecteurs foisonnant. Et puis l¹explosion de la population nous a beaucoup servi : Montpellier, à tort ou à raison, c¹est la ville la plus attractive de France depuis une dizaine d¹années.

Avez-vous des projets de journal en ligne ou considérez-vous Internet comme dangereux pour la presse papier ?
OR :
La Gazette s¹y est mis très tardivement. Depuis le début de cette année, nous avons un site baptisé
Zette.fr. Pour l¹instant, il se limite à nos petites annonces gratuites. Par la suite viendront des rubriques d¹information, de services, d¹accès aux archives ou d¹achat électronique d¹un numéro. Deux tiers de nos lecteurs sont équipés d¹Internet. Il était temps qu¹on se lance.

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