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Publié par DMT

Etre interviewé à la télé demande d’avoir un message précis et de savoir le transmettre. Le public retenant peu, comment faire pour qu’il retienne ce que vous voulez ? Pour que votre message ait des chances dêtre mémorisé, il faudra vous mettre à la place de ceux qui vont le recevoir. Vous trouverez alors les illustrations les plus adaptées pour vous faire comprendre du plus grand nombre. Veillez tout de même à ne pas être trop long. En télévision, la stratégie « mini-mir » s’impose : un maximum d’info en un minimum de temps. À l’aide d’une fiche bristol, vous pouvez noter par avance vos « mots-clefs » et tout ce qui fera appel au vécu : anecdotes, témoignages exemples… Un chiffre significatif ou un pourcentage sera également le bienvenu. À condition qu’il soit évocateur pour le plus grand nombre. Même dans un film d’entreprise dire que 2987 m3 de solvant sont stockés sur votre site de production ne parle qu'aux initiés. Ajouter que ce volume représente celui d'un bassin olympique change tout. S’exprimer devant une caméra nécessite également de hiérarchiser ses propos. Lors d’un reportage pour le journal télévisé, un reporter cherchera toujours ce que vos réponses apportent de neuf, d’intéressant pour ceux qui vous regardent. Vous devez classer vos informations des plus importantes aux secondaires, sur le modèle d’une pyramide inversée. Ainsi, même si le téléspectateur « décroche» au bout de 20 secondes, le message essentiel sera passé. C’est la règle du « droit au but », si chère aux supporters de l’Olympique de Marseillle. Mais attention à ne pas transformer votre passage TV en spot publicitaire. Placer chaque fois que cela vous est possible le nom de votre société ou dénigrer systématiquement vos concurrents est rarement payant. Pour réussir votre prestation et faire parler en bien de votre entreprise, vous devez d’abords vous montrer pédagogue, extrèmement concret et naturel à l'antenne. Si ces conditions sont rassemblées, vous deviendrez vite un « bon client » pour les rédactions de l’audiovisuel. En fonction de l’actualité, elle n’hésiterons pas à vous rappeler afin d’obtenir votre éclairage en tant qu'expert ou votre témoignage comme professionnel.

Lors d’une interview télé, trop de personnes ont encore le sentiment de se retrouver comme un élève face à son professeur. Quand ce n’est pas comme un suspect dans un commissariat de police. Les questions des journalistes présentent pourtant de nombreux défauts, sur la forme ou sur le fond. Prendre le temps de les déceler, particulièrement en situation de crise, c’est ne plus redouter les sujets qui fâchent et être à l’affût du mot « confort ». Celui qui vous permettra de reprendre la main et d’introduire votre message essentiel. Pour y parvenir, plusieurs techniques utilisées par les hommes politiques s’offrent à vous. Avez-vous remarqué par exemple combien Jack Lang observe toujours un léger temps de réflexion, qui se traduit par un mini-silence, après une question délicate. Vous pouvez également apprendre à rebondir à la Giscard. L’ancien président de la république n’hésite pas à répondre lorsqu’un journaliste est un peu long «Il y a plusieurs aspects dans votre question… » et à aborder celui qui lui convient le mieux. Si vous préférez le style Sarkosy, retournez les situations en déclarant “J’attendais cette question, elle me permet enfin de faire le point sur...” Mais plutôt que de chercher des références parmi ceux qui nous gouvernent, vous pouvez également observer autour de vous. Après tout, vous avez sûrement un collègue qui réussit à utiliser des expressions charnières du type “Je crois surtout que la véritable question est…” . Un autre est peut-être expert dans l’art d’aller du général au particulier ou inversement : “Vous me parlez de Saint-Domingue, alors que nous avons plus de 300 destinations..” Et vous-même excellez peut-être dans l’art de changer de registre en passant de raisonnements techniques à des raisonnements affectifs : “Vous savez la réglementation… Ce que je constate, c’est que ce soir 50 enfants peuvent dormir au chaud et...” Bref, grâce à votre écoute et à votre capacité à prendre du recul, vous pouvez transformer une situation contraignante en opportunité de placer le meilleur de votre message. Et si malgré tous ces conseils vous vous vous retrouvez déstabilisé par une question piège, il vous reste la solution de la « phrase omnibus ». Véritable joker qui ne sert qu’une fois, il s’agit d’une expression passe-partout du type « Vous savez, l’arbre dans l’eau ne fait pas le crocodile », conçue pour gagner du temps et reprendre la main.

Bien sûr il y a des règles à respecter en télévision. Regarder celui à qui l’on parle plutôt que la caméra. Ne jamais être agressif, cela se retourne contre soi. Avoir toujours à l’esprit lors d’un débat que même lorsque vous n’intervenez pas vous pouvez être filmé. Attention au grattage de nez ou au baillement qui traduit l'ennuie... Reste que bien passer à la télé c’est d’abord témoigner d’un savoir être. Une bonne préparation physique et mentale est indispensable. Surtout lors d’un direct. À défaut, des hésitations répétées, un trombone trituré, une main à hauteur de la bouche, une transpiration excessive, peuvent en termes d'image se révéler désastreux. Aussi, lorsque le trac vous assaille, parlez plus fort. Cela vous permettra de mieux articuler, de donner plus d'impact à votre voix et de varier le ton. Essayez également de ralentir votre rythme et de vous détendre. Parler plus vite pour en finir au plut tôt, ne fera qu'augmenter le malaise ambiant. Journalistes, animateurs, comédiens, tous les professionnels vous le diront : se débarrasser de ses tensions intérieures donne plus de présence à l’antenne. En télévision, vos gestes et vos intonations comptent autant que vos propos. Se réserver quelques instants pour soi, par exemple durant les derniers réglages techniques, permet de mobiliser son corps autant que son esprit. Une gestuelle ouverte, un visage souriant, une bonne gestion des appuis naturels (silences, regards, sol) permettent de faire très vite une bonne impression. Or, il suffit de quelques secondes à un téléspectateur pour se forger durablement une opinion.

 


Bon à savoir ! Certaines couleurs ne passent pas bien en télé comme le rouge satin ou le blanc, qui « claquent » à l’écran. Prévoir un vêtement à mettre par-dessus. Attention aux effets de moirage : les rayures, le pied de poule ou le style Prince de Galles sont déconseillés. En plateau, les ensembles bleus ou verts peuvent se prêter à des incrustations. (Des animations graphiques comme pour la météo).
Même s’il fait chaud ou que le maquillage vous dérange, veillez à ne pas vous éponger le front quand vous êtes à l’antenne. Cela pourrait laisser croire au téléspectateur que vous passez un moment difficile…
N’oubliez pas qu’avec un micro-cravate HF, tout le monde en régie peut suivre votre conversation téléphonique dans les coulisses ou vous entendre aux toilettes. Si votre micro-cravate est à fil, veillez à le détacher avant de vous lever. Sou peine de l’arracher avec vos vêtements… Lorsque le micro est fixé sur la table, vous n’avez pas à le toucher ou à taper dessus. Un technicien adaptera sa puissance à la force de votre voix.

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Nico 24/02/2007 11:54

Bonjour je m'appelle Nicolas, j'ai pas de commentaire même si larticle est rès riche, mais plus une question.  Je vous ai entendu il y a quelques jours parler dans une conférence à mon école de média training et de média coaching. Qu'elle est la différence? Sachant que dans votre article vous reprenez les trucs proposés par les médiatraineurs.

DMT 24/02/2007 12:45

Bonjour Nicolas. Bonne question J'aime bien dire qu'un médiatraining est ponctuel alors que le média coaching s'inscrit sur la durée. Pour faire simple, un médiatraining est bien souvent une répétition de dernière minute, avant une conférence de presse ou une interview radio/TV. Son objectif est d'apprendre à placer un message de façon claire et concise. Il permet également de se familiariser avec l'univers d'un studio : éclairages, micros, caméras... En plus, l'intervention d'un journaliste extérieur est souvent une occasion de lister des questions auxquelles l'entreprise ne pensait peut-être pas.
Le média coaching est plus de l'ordre du savoir être. Lorsque je coache un animateur télé, je n'ai pas à lui expliquer le fonctionnement d'un plateau TV. Il connaît déjà. Par contre, je vais travailler avec lui son "naturel" à l'antenne, le placement de sa voix, sa manière de bouger, sa capacité à fidéliser les téléspectateurs. Et bien c'est pareil avec mes clients. Un média coaching permet de trouver le "ton" juste en toutes circonstances. Face à une caméra, lors d'une prise de parole en public, en réunion... Pour cela, il est très important de bâtir un programme d'entraînement portant sur le développement de la créativité, les capacités de concentration, la gestion du stress. Tout ce qui, en fait, permet d'acquérir des réflexes durables.