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Publié par DMT

En cette journée de protestation nationale contre la réforme de notre système hospitalier, j'ai envie de raconter ce qui m'est arrivé la semaine dernière. Mercredi 22 avril, je me suis présenté à 9h30 aux urgences de l'hôpital Beaujon pour un début de coliques néphrétiques avec complications. J'en suis ressorti à 18h30 pour un transfert sur l'hôpital de Nanterre. Il faut dire que la médecin qui m'avait pris en charge, a eu le plus grand mal pour me trouver un service en urolologie qui puisse pratiquer une intervention le jour même. Il n'y avait pas de place disponible pour moi à Clichy. Au final, j'ai été opéré le jeudi matin à 9h00. Alors oui, je pourrai revenir sur les longues heures à attendre une information ou le résultat de mes analyses. D'abord relativement bien installé dans un box, puis placé pour le reste de la journée dans le couloir, avec mon brancard et ma perfusion. En fait, je tiens surtout à témoigner de la grande humanité du personnel du service d'urologie de l'hôpital de Nanterre. Quel contraste entre la pauvreté des moyens : un seul bocal de récupération des urines pour 2 malades, pas de possibilité d'avoir un 2ème oreiller, un cabinet de toilette des plus spartiates et sans isolation particulière. Pas de volets aux fenêtres. D'où un réveil matinal après un fragile sommeil ponctué par les contrôles de température et les innombrables bruits de couloir jusqu'à tard dans la nuit. Pauvreté matérielle donc et grande richesse humaine. De la part de l'équipe soignante et non soignante, ce ne fut que signes de gentillesse spontanés, gestes naturels d'attentions, sourires pour accomplir la moindre tâche. Un véritable baume au cœur pour qui vient d'être "charcuté". Certes la chambre n'avait pas la clim, les murs n'étaient plus de première fraicheur et les repas en barquette sous vide quasis immangeables. Reste que des paroles et un regard aidant, pour ne pas dire aimant, m'ont permis de retrouver la part d'humanité que le confort quotidien m'avait presque fait oublier jusque là. Samedi matin, à ma sortie du centre hospitalier, en prenant le bus 304 qui allait me conduire à la gare de Bois Colombe, j'ai repensé à tous ces visages de couleur qui s'étaient penchés sur moi. A ces accents en provenance de l'autre côté de la méditerranée qui m'avaient accompagné durant quatre jours. A mon tour je me suis mis à sourire à toutes les personnes que je croisais. Mon voisin de chambre tunisien ne m'avait il pas rappelé très justement avant que je m'en aille : " Tu sais, au final, quand on se retouve ici on est tous les mêmes. Qu'on soit arabe ou juif ". La leçon de vie valait bien d'être prolongée à l'extérieur des grilles du centre hospitalier.

En cette journée de protestation nationale contre la réforme de notre système hospitalier, j'ai envie de raconter ce qui m'est arrivé la semaine dernière. Mercredi 22 avril, je me suis présenté à 9h30 aux urgences de l'hôpital Beaujon pour un début de coliques néphrétiques avec complications. J'en suis ressorti à 18h30 pour un transfert sur l'hôpital de Nanterre. Il faut dire que la médecin qui m'avait pris en charge, a eu le plus grand mal pour me trouver un service en urolologie qui puisse pratiquer une intervention le jour même. Il n'y avait pas de place disponible pour moi à Clichy. Au final, j'ai été opéré le jeudi matin à 9h00. Alors oui, je pourrai revenir sur les longues heures à attendre aux urgence une information ou le résultat de mes analyses. D'abord relativement bien installé dans un box, puis placé pour le reste de la journée dans le couloir, avec mon brancard et ma perfusion. En fait, je tiens surtout à témoigner de la grande humanité du personnel du service d'urologie de l'hôpital de Nanterre. Quel contraste entre la pauvreté des moyens : un seul bocal de récupération des urines pour 2 malades, pas de possibilité d'avoir un 2ème oreiller, un cabinet de toilette des plus spartiates et sans isolation particulière. Pas de volets aux fenêtres. D'où un réveil matinal après un fragile sommeil ponctué par les contrôles de température et les innombrables bruits de couloir jusqu'à tard dans la nuit. Pauvreté matérielle donc et grande richesse humaine.  De la part de l'équipe soignante et non soignante, ce ne fut que signes de gentillesse spontanés, gestes naturels d'attentions, sourires pour accomplir la  moindre tâche. Un véritable baume au cœur pour qui vient d'être "charcuté". Certes la chambre n'avait pas la clim, les murs n'étaient plus de première fraicheur et les repas en barquette sous vide quasis immangeables. Reste que des paroles et un regard aidant, pour ne pas dire aimant, m'ont permis de retrouver la part d'humanité que le confort quotidien m'avait presque fait oublier jusque là. Samedi matin, à ma sortie du centre hospitalier, en prenant le bus 304 qui allait me conduire à la gare de Bois Colombe, j'ai repensé à tous ces visages de couleur qui s'étaient penchés sur moi. A ces accents en provenance de l'autre côté de la méditerranée qui m'avaient accompagné durant quatre jours.  A mon tour je me suis mis à sourire à toutes les personnes que je croisais. Mon voisin de chambre  tunisien ne m'avait il pas rappelé très justement avant que je m'en aille  :  "Tu sais, au final, quand on se retouve ici on est tous les mêmes. Qu'on soit arabe ou juif ".  La leçon de vie valait bien d'être prolongée à l'extérieur des grilles du centre hospitalier.

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