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Publié par Daniel Murgui-Tomas

Le 13 décembre dernier, la fondation Alexandre et Marguerite VARENNE remettait leurs prix aux lauréats de ses concours 2006 en journalisme. Interview express de son président : Daniel POUZADOUX.

Vous avez présidé le jury du 4e concours du Prix Alexandre Varenne des Journalistes Reporters d’Image. En quoi selon vous, le traitement de l’information par la télévision diffère de celui de la presse écrite ?
DP : La presse écrite permet, normalement, un recul et aussi de dépassionner les sujets, alors que, de mon point de vue, l’image fait plus appel à l’affectif au sens large du terme. De ce fait, le travail de l’image me semble plus complexe à réaliser, ce qui contraint le journaliste à une plus grande prudence dans le traitement des sujets. Et puis cette responsabilité du reporter d’image est accentuée par le fait que nous sommes dans la civilisation de l’image que l’on reçoit, alors qu’on prend un texte. Le public n’a pas la même approche des deux supports.

La remise des prix à l’ensemble des lauréats 2006 de la Fondation était présidée cette année par Abdou DIOUF. Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie en a profité pour rappeler son combat en faveur de la liberté de la presse. Ce combat doit il être aussi mené en France, où les impératifs économiques constituent parfois une entrave à l’investigation des journalistes ?
DP : Je ne pense pas que le Secrétaire général pensait à l’Europe en disant cela. De nombreux pays pauvres n’ont bien souvent pas de presse ou une presse au service de pouvoirs qu’ils n’ont pas choisis.
Chez nous je ne crois pas que la liberté de la presse soit menacée, même si des exemples récents, vous pensez je pense à Libération, semblent donner un exemple peut être pas idéal. Le temps des journaux faits avec des bouts de ficelle et une ronéo est bien fini. L’argent est je pense nécessaire, peut être un mal nécessaire, mais sans lequel on ne peut rien faire. Il faut là je crois faire confiance à la sagesse des acteurs pour faire en sorte que cette cohabitation reste équilibrée.

Pour se déclarer candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkosy avait choisit de réserver l’exclusivité de son annonce à la presse régionale. Finalement c’est le site Internet de Libération qui a donné l’information avant tout le monde. Simple accident ou nouvelles pratiques journalistiques selon vous ?
DP : Difficile à dire. Je ne suis pas dans le secret des Dieux journalistiques. Je pense que c’est dommage que la règle de l’embargo n’ait pas été respectée, car la presse de province a dans ce cas été lésée. Cela dit, tout le monde ne va pas sur le site de Libération et il ne me semble pas par ailleurs que le scoop ait marqué un bouleversement de la vie politique française. De plus, je crois que l’on est là dans une approche version microcosme parisien et que tout cela a sans doute échappé, et tant mieux, à nos compatriotes de province.

Un an déjà que vous avez été nommé président de la Fondation Varenne. Pouvez-vous tirer un premier bilan de votre action ?
DP : Un peu tôt pour cela. Mais néanmoins il me semble que nous allons dans le sens des orientations stratégiques que notre Conseil d’administration a tracées, à savoir, mener une politique d’ouverture sur la base des principes et des acquis que nous donne notre solide implantation régionale. C’est sous cet éclairage qu’il faut voir les accords que nous avons passés avec le ministère des Affaires étrangères et la cité des sciences de la Villette. C’est aussi dans cet esprit que nous allons ouvrir des discussions avec l’OIF pour voir comment collaborer dans la durée. Le monde et les problèmes sont vastes et je pense qu’il est plus sage de les aborder à plusieurs, pour faire valoir nos complémentarités et synergies dans tous les domaines, y inclus financiers, mais pas seulement.

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