Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par DMT

Hier soir, Frédéric Taddéi nous proposait un magazine de rentrée jubilatoire. Pour ouvrir la deuxième saison de "Ce soir ou jamais", étaient entre autre présents sur le plateau Régis Debray, Dominique de Villepin,  Michel Winock, François-Bernard Huyghe..., avec pour thème "Qu'est-ce qu'un chef ?"  A ce propos, si chacun était venu parler de sa dernière publication, tous furent conduits à un moment donné de l'émission à évoquer de près ou de loin l'actuel chef de l'Etat. Qu'il s'agisse de réfléchir à l'image que doit véhiculer un président de la République ou de déplorer la peopolisation de la classe politique, le nom de Nicolas Sarkosy finissait toujours par être sur toutes les lèvres.  Reste que le principal intérêt de ce magazine pour le média traineur que je suis était ailleurs. Voir ces deux bêtes de scène que sont Régis Debray et Dominique de Villepin  parler avec passion tout en gardant raison, voilà qui fut source de précieux enseignements. Et leur prestation de me conforter dans l'idée que le concept de communic'acteur  n'est pas un vain mot. Développé lors de mes interventions au CELSA, ce néologisme synthétise toutes les qualités qu'un homme (ou une femme) se doit d'avoir pour captiver le public et faire passer son message : naturel, crédibilité, adresse au téléspectateur, force de conviction. Des atouts, spontanés chez les uns, mais qui peuvent également s'acquérir dans le cadre de séances de médiatraining. Or, l'ex conseiller de François Mitterrand, tout comme le dernier premier ministre de Jacques Chirac, sont depuis longtemps passés maîtres dans l'usage des outils dialectiques. J'en veux pour preuve leurs propos imagés et l'usage éclairé (et éclairant) qu'ils font de l'anecdote. Quoi que... En y regardant de plus près, celle rapportée par Dominique de Villepin à propos de la visite de Marlon Brando à l'Elysée est assez révélatrice. Regretter que l'interprète du Parrain soit au yeux d'un huissier, plus important que tous les leaders politiques reçus jusque là, en dit long sur l'illusion narcissique de ceux qui nous gouvernent. Passer chaque soir au JT ne fait pas d'un élu une star. Un communic'acteur ne sera jamais un acteur. Même s'il "fait son cinéma" à la télévision. Tout juste arrive t'il parfois à se mettre en scène. Don Corleone lui, est un personnage imaginaire. Croiser celui qui l'a incarné à l'écran "pour de vrai" c'est prolonger le rêve et, l'espace d'un instant, confondre la réalité avec la fiction. Soit tout le contraire de la politique.

Commenter cet article