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Publié par DMT

A chaque rencontre entre formateurs en communication de crise, nous en arrivons toujours au même constat alarmant : le rôle d'Internet, dans le travail des journalistes, est sous estimé par les entreprises. Lors d'un récent séminaire, j'ai invité les participants à lister les médias avec lesquels ils devraient  travailler en cas d'accident dans leur établissement. Leurs réponses m'ont laissé plus que songeur. Si en premier furent cités le quotidien régional et la station locale de France 3, Ies blogs et autres relais d'information du Net ne sont venus qu'en dernière position. Et encore, bien après l'AFP ou... le journal interne. Quel décalage avec la réalité. Déjà en 2006 lors des 1ières rencontres Média & Proximité, Daniel DELOIT, directeur général de l'ESJ, confiait que 100% des étudiants au concours commun d'entrée  CFJ, ESJ, IPJ  "Grandes Ecoles de Journalisme"  déclaraient avoir comme première source d'information Internet. Il faut dire qu'on n'a pas trouvé mieux pour, en toutes situations et en tous lieux, faire le tour d'un sujet en un minimum de temps. Quitte à ce que les informations publiées ne soient pas toujours vérifiées. Et je n'évoque pas ici les articles, photos ou vidéos mis en ligne par les non professionnels. Non, le danger aujourd'hui, c'est cette course à l'instantanéité de l'information, entretenue par les radios et télévisions en continue et relayée par la presse écrite. En fait, il ne se passe pas une semaine sans qu'un hebdomadaire ou un quotidien, guidés par la peur de perdre de précieuses recettes publicitaires, ne publie sur son site une information tellement brûlante, qu'elle ne saurait attendre la sortie de son édition papier. Reflet d'une presse en pleine mutation technologique, même les agences sont contaminées par ce virus de la néo-convergence.  Il faut dire que cette culture de "l'I-media" se nourrit, autant qu'elle les alimente, des nouvelles pratiques du public. Et les journaux en ligne de se multiplier, à l'image de Rue 89 , exemple réussi d'information partagée. "Mais vous pensez vraiment que si on parle de nous sur Internet cela aura autant d'impact qu'un reportage sur TF1 ?"  Cette question, si elle n'est pas dénuée d'une certaine logique arithmétique, montre en tous cas combien le DRH qui en est l'auteur ignore tout des conséquences de l'I-média. L'écho donné à un document diffusé sur la toile peut en effet s'avérer désastreux tant pour l'image d'une entreprise que pour la carrière de son dirigeant. Une loi à laquelle aucun secteur, aucune profession, pas même les journalistes n'échappent. Et chacun de se souvenir, lors de la dernière campagne présidentielle, de la déconvenue d'Alain DUHAMEL. Le célèbre éditorialiste d'RTL fut temporairement privé d'antenne, après que des propos qu'il avait tenus à titre privé lors d'une conférence à Sciences Po aient été diffusés sur la Toile.

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