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Publié par DMT

Le CJD d'Amiens m'a demandé courant février d'intervenir lors d'une soirée plénière consacrée à Lie to Me. Une illustration supplémentaire de l'intérêt porté par les entreprises au langage corporel. Une opportunité, en ce qui me concerne, de revenir sur ce que j'ai pu apprendre aux côtés entre autres de Philippe Turchet, Joseph Messinger et Jean-Pierre Veyrat. Le principal enseignement que j'ai retiré de mon parcours en communication non verbale, c'est qu'en lien  avec nos pensées et nos émotions, notre comportement observable donne de précieux indices sur notre état interne pour qui sait y être attentif. Mais qu'il ne faut surtout pas tomber dans l’interprétation sauvage. Prenons par exemple les micro-démangeaisons du nez, si populaires depuis l'affaire Bill Clinton Monica Lewinsky. Vous en retrouvez un exemple avec cette capture d'écran de Jonathan Daval. Elle a été effectuée à partir

d'un reportage lors de la marche blanche organisée en mémoire de son épouse Alexia. Curieusement, Nicolas Sarkozy adoptait le même geste lors de son premier G8. L'état dans lequel il démarra son début de conférence de presse, passablement troublé après un entretien avec Vladimir Poutine, souleva à l'époque de nombreuses interrogations. Cela en faisait-il pour autant un menteur ?

Séquence 1 Sarkozy G8  : micro-démangeaison base narine gauche
Séquence 1 : micro-démangeaison base narine gauche

 

Séquence 2 : pincement nez pouce index

En fait, la chose est plus subtile. Lorsque un sujet comme sur la Séquence 1 a le bas de sa narine gauche qui le picote, c'est que quelque chose dans ses propos n'est pas clair. Au minimum une omission, parfois bien plus. Cela pouvant aller jusqu'au mensonge. Lorsqu'il s'agit de la droite, c'est dans les paroles d'autrui que se situe le flou. Ou le loup si vous préférez. Une mécanique neurovégétative bien huilée, qui déclenche de façon universelle un afflux sanguin sur la zone du museau, accompagnée de picotements aussi légers que nombreux. Si la zone du nez s'avère l'un des principaux sièges du non-dit, ce n'est pas toujours négatif. En situation d'écoute elle peut signifier un profond intérêt pour ce qui est dit. Démonstration par l'image avec cette autre archive qui remonte à

2009. Patrick Devedjian, alors ministre en charge de la relance économique, entend Nicolas Sarkozy déclarer : "Je me battrai pour qu'il reste des usines en France." Plus qu'une remise en cause des propos tenus, cette caresse sur le bout du nez traduit plutôt un collaborateur curieux de connaître les solutions envisagées par son patron, étant l'un des premiers concer...nez. Une demande de mise... au parfum en somme. Mais venons en à ce qui a fait le buzz du week-end, le lapsus d'Edouard Philippe samedi, lors de son discours pour le lancement officiel du comité d’organisation de la Coupe du

monde de rugby 2023. Tête penchée, regard hors de son texte, le pincement de nez fugace du Premier ministre via le pouce et l’index, indique un besoin évident de se couper  momentanément de son auditoire. Histoire de revenir promptement à soi (comme précédemment Nicolas Sarkozy en séquence 2) et d'en finir ici avec un fou rire naissant. Ce geste traduit généralement une situation qui ne se passe pas vraiment comme nous le souhaitons. On le retrouve chez de nombreux entraîneurs de foot, lors de matchs difficiles pour leurs équipes. Notez que le pincement nasal primo ministériel est prolongé par un bref aller retour à sa base. Il s'agit là d'un coup de balais mental, afin de se retrouver en cohérence avec ses valeurs.  Déclarer : " La France suce "  a effectivement de quoi inciter à faire le ménage dans sa tête. En fait, notre nez symbolise l’image que l’on a de soi-même autant que celle que l’on se fait des autres. Nous le sollicitons sans nous en rendre compte à maintes reprises dès que nous sommes en société. Vous l'aurez compris, interpréter une micro démangeaison, quel que soit l'endroit du corps concerné, ne se pratique pas à vue de... nez. Cela demande de prendre en compte le contexte verbal, ainsi qu'un faisceau de plusieurs signes congruents avant de conclure à la traduction d'un sentiment spécifique.

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